Eros

Getting your Trinity Audio player ready...

Contrairement à la croyance populaire, Éros n’est pas le dieu de l’amour mais le nom donné à une Force puissante qui fonctionne un peu comme le moteur de l’âme humaine. Éros, c’est LE PLAISIR, tous les plaisirs. Et pas seulement sexuel, ce dernier n’étant qu’un centimètre marqué puis retenu sur une ligne de plus d’un kilomètre ! Le plaisir est la principale motivation d’une âme : sans plaisir, il ne peut y avoir de véritable créativité, de profit, d’amour, de paix et de joie. Même celui qui ne le réalise pas, recherche le plaisir dans ses pensées, ses paroles et ses actes.

Toutefois, le fait même que cette recherche soit menée d’une manière généralement inconsciente donne souvent lieu à des créations mentales dont le plaisir est justement absent. Ne pas réaliser ce que l’on cherche vraiment revient à ne trouver que des déceptions. Pour trouver une chose, encore faut-il connaître un minimum cette chose recherchée.

La plupart des gens sont blasés, déçus par nature ou même défaitistes. Cela provient non seulement de l’absence de réel plaisir dans la vie mais surtout, de l’absence de reconnaissance et de réalisation que le plaisir est la seule chose qui est vraiment recherchée par l’âme humaine. Accepter le motif profond de toutes recherches (le plaisir) revient à se rendre apte à le rencontrer dans les divers domaines de la vie. Vous ne pouvez souffrir vraiment que dans les domaines de votre existence terrestre où le plaisir est absent.

 

L’éducation, la morale, l’éthique et les diverses croyances religieuses se sont données le mot pour condamner unanimement le plaisir. Comme s’il s’agissait d’une chose vile, sale, égoïste ou sans intérêt. Les gens tendent à reconnaître que «rechercher le plaisir» est une marque d’immaturité qui laisse supposer la présence d’une personnalité superficielle et égoïste. En fait, le véritable égoïsme consiste à attendre des autres qu’ils satisfassent des désirs que nous n’osons pas nous avouer et encore moins assumer.

L’essentiel de nos frustrations proviennent du fait que nous n’osons pas satisfaire nous-mêmes nos désirs. Désirs qui TOUS, sans aucune exception, visent à l’obtention de plus de plaisir.

Généralement, par peur du regard d’autrui et du jugement sans pitié qui va l’accompagner immanquablement. Le plus amusant, c’est que tous ceux qui recommandent aux autres de se priver de certains désirs jugés par trop immatures ou immoraux, deviennent ensuite tributaires de ces mêmes autres, attendant qu’ils satisfassent leurs attentes frustrés. En effet, celui qui interdit aux autres une chose ne saurait se la permettre à lui-même et conserver en même temps toute sa crédibilité aux yeux du public.

 

C‘est pour cela que l’église catholique romaine s’est rendue tristement célèbre du fait des dérapages de ses ministres supposés se soumettre à des vœux de célibat aussi inhumains qu’improbables, de toute façon. La prochaine fois que vous exigerez ou attendrez quelque chose d’un(e) autre, posez-vous cette très virile question :

« En interdisant une chose à quelqu’un d’autre, ne vais-je pas me punir ou me restreindre moi-même, dans un proche futur ? »

Si vous vous sentez ensuite un peu con sur les bords, évitez alors d’interdire quoi que ce soit !

 

Serge Baccino